La région des Hauts-de-France

Le programme SIGLES s’est principalement développé sein de la région des Hauts-de-France. Densément peuplé, le Nord-Pas-de-Calais-Picardie présente un contraste important d’occupation du sol, avec des milieux urbains, industriels et ruraux. La forte dégradation de ses milieux environnementaux, des indicateurs sanitaires défavorables, ainsi que les hauts niveaux de précarité sociale de certains secteurs font de cette région un territoire propice pour l’étude des inégalités territoriales en santé-environnement.

 

Une région dense, avec d’importants contrastes entre pôles urbains et milieu rural


Troisième région de France pour sa population avec 6,007 millions d’habitants au 1er janvier 2015 répartis au sein de 3836 communes (soit 9% de la population métropolitaine), la région des Hauts-de-France est positionnée au-dessus de la moyenne nationale pour sa densité de population avec 189 habitants par km².

Au sein du Nord-Pas-de-Calais, les pôles urbains importants tels que l’agglomération lilloise, l’ancien bassin minier et les grands ports du littoral se distinguent des territoires ruraux au sud et à l’ouest. La Picardie se caractérise plutôt par des centres urbains comme Amiens, Creil, Saint-Quentin et Soissons au sein desquels se concentre la majeure partie de la population, le reste du territoire étant essentiellement rural.

 

Carte de la densité de population par commune en 2012 pour la région des Heuts-de-France.

Densité de population en Hauts-de-France (source : Atlas de la nouvelle région Nord-Pas-de-Calais-Picardie)

 

 

Un développement humain le plus faible de France et des points noirs régionnaux


La région des Hauts-de-France présente le développement humain le plus faible de France métropolitaine. L’Indice de Développement Humain (IDH-4) reprend trois grandes dimensions : la capacité à bénéficier d’une vie longue et saine, la capacité d’accès à l’éducation et aux connaissances et la possibilité d’accéder aux ressources matérielles indispensables pour atteindre un niveau de vie décent.

Selon l’ORS, l’espérance de vie y est ainsi la plus faible, avec 76 ans pour les hommes contre 78,5 au niveau national, et 83 ans contre 85 pour les femmes en 2012. Globalement, la région connaît une surmortalité tous âges significative de 21% (30% pour les décès avant 65 ans) par rapport à la France et se place au dernier rang des régions françaises. Cette surmortalité prématurée atteint même des valeurs critiques de 68% et 71% pour les maladies de l’appareil respiratoire et le diabète sucré. Au sein même de la région, les populations vivant dans les territoires situés sur l’ancien Bassin minier connaissent une surmortalité prématurée plus marquée par rapport à la moyenne régionale. A l’inverse, l’état de santé des territoires du sud se rapproche de la moyenne nationale.

Sur le plan social et économique, la région des Hauts-de-France dispose des taux de pauvreté et de chômage les plus élevés de France métropolitaine. Le niveau de revenu médian est également plus faible que dans l’ensemble des autres régions : 16 797 € pour le Nord-Pas de Calais, 18 332€ pour la Picardie contre 19 218€ en moyenne métropolitaine. Au sein de la région se présentent de fortes disparités territoriales de l’IDH4, avec un développement élevé pour les communs périphériques des grandes villes (Lille, Amiens, Arras et Creil) et à l’inverse un développement très en retrait pour l’ancien Bassin minier et les territoires ruraux à l’est de la région.

 

Carte de l'Indice de Développement Humain (IDH-4) en 2010 par commune pour la région des Hauts-de-France.

Indice de Développement Humain (IDH4) en Hauts-de-France (source : Atlas de la nouvelle région Nord-Pas-de-Calais-Picardie)

 

 

De multiples sources de nuisances environnementales


D’un point de vue environnemental, le passé industriel du Nord-Pas-de-Calais se traduit par la présence de la moitié des friches industrielles de France. Avec 669 sites répertoriés dans BASOL en 2016 la densité de sites et sols pollués ou potentiellement pollués y est la plus élevée de France. Ces sites sont surtout regroupés sur les agglomérations de Lille – Roubaix – Tourcoing, Valenciennes et le bassin minier. Cette densité est plus faible en Picardie avec 252 sites recensés dans BASOL.

Le nombre de sites industriels actuellement en activité est encore élevé en région Hauts-de-France, avec près de 3200 Installations Classée pour la Protection de l’Environnement (ICPE) soumises au régime d’autorisation administrative et 151 sites classés SEVESO, la majorité d’entre eux étant situé sur le littoral Dunkerquois.

En ce qui concerne le milieu aquatique, la qualité physico-chimique et biologique des eaux souterraines et supérieures reste préoccupante et les masses d’eau sont sensibles à toute pollution. Seules 26 % des masses d’eau de surface du bassin Artois Picardie présentaient un bon état écologique en 2013. C’est dans le secteur des Flandres que les eaux souterraines, en affleurement avec la surface, sont les plus vulnérables, notamment aux pollutions par les pesticides et nitrates. Dans le bassin Artois Picardie, la qualité des eaux souterraines est un enjeu majeur, puisque 96 % des eaux potables distribuées sont d’origine souterraine.

La pollution de l’air en région est importante, du fait du grand nombre de sources d’émissions locales (industries, axes routiers majeurs, forte densité d’habitats et grandes aires de cultures) et limitrophes (trafic maritime, Grande Bretagne, Europe de l’Est). L’ensemble du territoire du Nord-Pas-de-Calais fait d’ailleurs l’objet d’un Plan de Protection de l’Atmosphère. Selon l’évaluation quantitative des impacts sanitaires menée par Santé Publique France sur la période 2007-2008, l’ensemble de la population de la région était exposé à des concentrations moyennes de particules fines atmosphériques (PM2,5) comprises entre 11 et 17 μg/m3, dépassant ainsi la valeur recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (10 μg/m3). Les territoires les plus urbanisés, autour des villes de Dunkerque, Lille, Valenciennes, Douai, Lens, Arras et Saint-Quentin présentaient les concentrations les plus élevées, supérieures à 15 μg/m3.

L’exposition aux polluants de l’air favorise le développement de maladies chroniques graves, pouvant conduire à des décès. Plus de 6 500 décès par an seraient en lien avec la pollution atmosphérique, ce qui représente 13% de la mortalité régionale, ainsi qu’une perte d’espérance de vie de 16 mois. Si la valeur recommandée par l’OMS était respectée, ce nombre diminuerait de moitié.

Carte des concentrations moyennes annuelles en PM2,5 pour la région des Hauts-de-France.

Concentrations moyennes annuelles en PM2,5 (Source : Santé Publique France)