Projet CISTERRES

Cartographie d’Indices de vulnérabilité et de résilience au Service des TERRitoires en Environnement et Santé

 

Enjeux et objectifs


L’enjeu général du projet CISTERRES est de caractériser les inégalités territoriales environnementales et sociales de santé. La problématique est basée sur l’optimisation de la caractérisation des IESS par une approche holistique des territoires.

Afin de caractériser les déterminants pertinents pour une évaluation spatialisée des inégalités de santé et de décrire le cumul d’inégalités territoriales, 2 objectifs principaux se sont dessinés pour ce projet :

  • déterminer les dimensions et les variables descriptives pouvant être associées à la qualité de l’environnement et du cadre de vie. Les principaux verrous méthodologiques à lever sont l’interopérabilité rendue complexe par les différents formats de données et l’intégration dans un indice spatialisé de données quantitatives et qualitatives.
  • développer une méthodologie de calcul d’indices spatialisés de vulnérabilité et de résilience pour chaque commune des Hauts-de-France.  Le principal verrou méthodologique à lever concerne l’agrégation des variables, qui doit être effectuée en limitant la déformation de l’information.

La méthodologie employée implique que les dangers et les bénéfices seront qualifiés et quantifiés selon une caractérisation de la balance vulnérabilité/résilience, au niveau des territoires. L’interprétation conjointe de 2 indices composites spatialisés permettra de dresser un profil des territoires sur ce principe.

Des données de santé, des facteurs socio-économiques et des facteurs environnementaux sont intégrés dans les 2 indices composites, agrégeant l’information en lien avec la vulnérabilité des territoires d’une part et avec la résilience d’autre part.

 

Premiers résultats


L’analyse bibliographique a tout d’abord mis en valeur une absence de consensus dans la définition des aspects bénéfiques de l’environnement et dans leur intégration dans un indice composite. Ce projet a permis de définir la résilience en santé-environnement comme « la capacité des territoires à gérer les Inégalités Environnementales et Sociales de Santé (IESS) ». Cette caractérisation du périmètre est une étape indispensable à la mise en place de la stratégie de construction des indices.

L’analyse qui a été menée a ensuite permis d’identifier 23 indices composites spatialisés, développés par la communauté scientifique et des institutionnels, répondant chacun à un questionnement propre. La diversité des informations utilisées par ces deux profils d’acteurs soulignent l’absence de consensus sur un indice qui serait acceptable par chacun de ces acteurs (Strezov et al., 2017). Il est également important de noter qu’un seul indice publié prenant en compte de manière indépendante et comparable les aspects de vulnérabilité et de résilience (Estoque et Murayama, 2014). Cet indice développé pour les Philippines n’est pas adapté aux particularités européennes et est donc non transposable pour la région Hauts-de-France.

Les notions de « dimension » et de « variable » sont régulièrement employées, parfois sans définition. La notion de « dimension » est définie dans ce cadre comme une composante spécifique des déterminants des IESS, ayant un périmètre large et dont la caractérisation complexe est multicritères. La notion de « variable » se rapporte à un phénomène observable auquel on peut attribuer différentes valeurs. Une variable est un élément de base, qui apporte un point de compréhension d’une dimension. Donc plusieurs variables sont nécessaires pour parfaire la caractérisation d’une dimension. Chaque variable est constituée de « données », qui sont les valeurs quantitatives ou qualitatives attribuées à chaque individu étudié (à chaque commune par exemple). A titre d’exemples, dans la littérature ayant trait aux indices composites en santé-environnement, nous retrouvons de manière récurrente les dimensions santé, environnement, social et économie. La dimension « environnement » peut être abordée par diverses variables telles que la concentration atmosphérique en NO2 ou la surface d’espaces verts par commune.

L’ensemble des réflexions sont accessibles dans la revue de la littérature publiée en 2020 : Spatialized composite indices to evaluate environmental health inequalities: Meeting the challenge of selecting relevant variables (Ecological Indicators).

 

Ce projet a bénéficié du soutien du Conseil Régional Hauts-de-France, de l’ARS Hauts-de-France et du CPER CLIMIBIO.

 

Un prochain article à venir pour présenter et valider la méthodologie d’analyse conjointe des 2 indices composites spatialisées…